Salutations aux 10 295 clics qui nous ont suivis jusqu’à présent (notez que j’évite de dire personne sachant que plusieurs clics cachent sans doute un seul individu fidèle). Où en étais-je ? Je pense que la dernière fois que je vous ai écrit, nous étions encore au Vietnam. Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis. Nous voici donc en Thaïlande, dernière escale de mon périple, avant-dernier dans le cas de Carl. Plusieurs clics se demandaient où nous étions passés depuis trois semaines alors voici un bref résumé.
Arrivé à Bangkok, nous nous sommes greffés à deux autres groupes, pour faire un gros groupe de six avec lequel nous avons voyagé durant trois semaines. Ensemble, nous avons suivi la formation de plongée sous-marine sur l’île de Koh Tao, véritable usine à formations. En fait, selon notre instructeur, il n’y a pas un endroit au monde, qui forme autant de plongeurs. La raison est fort simple : c’est beau pis ça coûte trois fois rien (dans la mesure où un rien coûte 100$, bien entendu). On y a vu des poissons colorés, des murènes effrayées, des barracudas immenses, des calmars inoffensifs, mais nous avons raté les requins de peu, au bonheur de certains, au malheur des autres.
Ensuite, c’est tranquille. Après avoir bougé sans relâche pendant trois mois, les plages, bien qu’agréables, sont de très mauvaises sources d’aventures. Pas de tsunami, pas de requin, pas d’article. J’en étais presque à espérer une tempête. N’empêche, c’est relaxant de ne rien faire.
On a fait trois îles au total : Koh Tao, Koh Phangan et Koh Phi Phi. Des trois, Koh Phi Phi est la plus belle, selon moi. C’est également la plus prisée. Il y fait beau presque tout le temps, chaud c’est garanti (mais pas d’argent remis), la mer est turquoise comme dans les films, mais sale (c’est peut-être des restants du tsunami ; il aurait alors fait des ravages dans les paquets de cigarettes et dans le styromousse). Si on quitte la plage de notre hôtel (lire four à convection) et qu’on va de l’autre côté de l’île (cinq minutes à pieds), le paquet de cigarettes ne fait plus partie du paysage et la baignade y est donc plus agréable. La vie y est bonne (bien que dispendieuse) et on se surprend à vouloir y vivre, même si, comble du turn off, la voiture n’existe pas. Tous les déplacements se font à pied, ou à vélo, si on est riche.
Mon voyage prend fin. J’imagine que c’est donc l’heure du traditionnel bilan (hé oui, ce sera mon dernier article). Au final, nous aurons visité le Cambodge durant trois semaines, le Vietnam et ses hôpitaux durant deux mois et passé un mois et demi en Thaïlande (si au total ça fait quatre mois, le compte est bon, sinon ma mémoire fait défaut). De ces quatre mois, je retiendrai le jus d’orange de Bangkok, les routes délabrées du Cambodge, sa démonstration presque caricaturale de la corruption (ici, soit on est en scooter, soit on est en camion Lexus noir et doré). Je me souviendrai du coucher de soleil de Sihanoukville agrémentée par l’odeur de vidanges brûlées. J’aurai également une pincée au cœur en repensant à l’hospitalité de Dalat et au charme fou de Hoi An. Je vais regorger d’enthousiasme en vous racontant nos plongées à Koh Tao et je serai pris d’une soudaine nostalgie en pensant à tous nos amis laissés derrière : Pete le New-Yorkais, Bekkie la hippie australienne, Ben le magicien, Anna la blonde du magicien, Daniel le globe-trotter, Apple la Thaïlandaise adorable, Sophie la hippie australienne (les femmes sont toutes hippies en Australie ?), Jesus et Domingo les Chiliens (nos pensés sont avec vous), et à tous les autres dont j’oublie le nom qui ont rendu ce voyage extraordinairement génial !
Je termine avec une petite aventure. Carl et moi, comme dernière activité en duo, avons décidé d’aller sauter en Bungee. Cinquante mètres nous séparent de la terre ferme et on est retenu que par un gros élastique attaché aux pieds. Vous décrire la sensation au moment de sauter est impossible. Cela m’amène à notre voyage. Le décrire serait inexact et superflu. C’est comme sauter dans le vide ; faut l’essayer pour comprendre.
J’avais perdu le goût d’écrire. J’avais l’impression que tout ce que j’avais à dire avait été raconté des centaines de fois (faut voir les groupes de touristes débarquer sur les plages). Ce dernier article a été rendu possible grâce à La frousse autour du monde tome 2 de Bruno Blanchet qui m’a rappelé la singularité de chaque voyage. Je pourrais difficilement comparer nos aventures à celle d’un couple singapourien venu à la hâte prendre quelques clichés clichés et à celui de Daniel, anglais ayant laissé femme, travail, maison et fond de pension pour faire le tour du monde à vélo.
J’espère vous avoir transmis un peu du plaisir que nous avons eu à voyager. Je serai de retour parmi vous dans quelques jours et c’est avec joie que je vous retrouverai.
Au plaisir,
Laurent Chagnon
P.-S. Continuez à visiter duppdcv.com pour voir les photos magnifiques de mon photographe préféré et référez-vous au site www.lesfillesdu639.wordress.com afin de suivre ses aventures.













