Le saut dans le vide

Salutations aux 10 295 clics qui nous ont suivis jusqu’à présent (notez que j’évite de dire personne sachant que plusieurs clics cachent sans doute un seul individu fidèle). Où en étais-je ? Je pense que la dernière fois que je vous ai écrit, nous étions encore au Vietnam. Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis. Nous voici donc en Thaïlande, dernière escale de mon périple, avant-dernier dans le cas de Carl. Plusieurs clics se demandaient où nous étions passés depuis trois semaines alors voici un bref résumé.

Arrivé à Bangkok, nous nous sommes greffés à deux autres groupes, pour faire un gros groupe de six avec lequel nous avons voyagé durant trois semaines. Ensemble, nous avons suivi la formation de plongée sous-marine sur l’île de Koh Tao, véritable usine à formations. En fait, selon notre instructeur, il n’y a pas un endroit au monde, qui forme autant de plongeurs. La raison est fort simple : c’est beau pis ça coûte trois fois rien (dans la mesure où un rien coûte 100$, bien entendu). On y a vu des poissons colorés, des murènes effrayées, des barracudas immenses, des calmars inoffensifs, mais nous avons raté les requins de peu, au bonheur de certains, au malheur des autres.

Ensuite, c’est tranquille. Après avoir bougé sans relâche pendant trois mois, les plages, bien qu’agréables, sont de très mauvaises sources d’aventures. Pas de tsunami, pas de requin, pas d’article. J’en étais presque à espérer une tempête. N’empêche, c’est relaxant de ne rien faire.

On a fait trois îles au total : Koh Tao, Koh Phangan et Koh Phi Phi. Des trois, Koh Phi Phi est la plus belle, selon moi. C’est également la plus prisée. Il y fait beau presque tout le temps, chaud c’est garanti (mais pas d’argent remis), la mer est turquoise comme dans les films, mais sale (c’est peut-être des restants du tsunami ; il aurait alors fait des ravages dans les paquets de cigarettes et dans le styromousse). Si on quitte la plage de notre hôtel (lire four à convection) et qu’on va de l’autre côté de l’île (cinq minutes à pieds), le paquet de cigarettes ne fait plus partie du paysage et la baignade y est donc plus agréable. La vie y est bonne (bien que dispendieuse) et on se surprend à vouloir y vivre, même si, comble du turn off, la voiture n’existe pas. Tous les déplacements se font à pied, ou à vélo, si on est riche.

Mon voyage prend fin. J’imagine que c’est donc l’heure du traditionnel bilan (hé oui, ce sera mon dernier article). Au final, nous aurons visité le Cambodge durant trois semaines, le Vietnam et ses hôpitaux durant deux mois et  passé un mois et demi en Thaïlande (si au total ça fait quatre mois, le compte est bon, sinon ma mémoire fait défaut). De ces quatre mois, je retiendrai le jus d’orange de Bangkok, les routes délabrées du Cambodge, sa démonstration presque caricaturale de la corruption (ici, soit on est en scooter, soit on est en camion Lexus noir et doré). Je me souviendrai du coucher de soleil de Sihanoukville agrémentée par l’odeur de vidanges brûlées. J’aurai également une pincée au cœur en repensant à l’hospitalité de Dalat et au charme fou de Hoi An. Je vais regorger d’enthousiasme en vous racontant nos plongées à Koh Tao et je serai pris d’une soudaine nostalgie en pensant à tous nos amis laissés derrière : Pete le New-Yorkais, Bekkie la hippie australienne, Ben le magicien, Anna la blonde du magicien, Daniel le globe-trotter, Apple la Thaïlandaise adorable, Sophie la hippie australienne (les femmes sont toutes hippies en Australie ?), Jesus et Domingo les Chiliens (nos pensés sont avec vous),  et à tous les autres dont j’oublie le nom qui ont rendu ce voyage extraordinairement génial !

Je termine avec une petite aventure. Carl et moi, comme dernière activité en duo, avons décidé d’aller sauter en Bungee. Cinquante mètres nous séparent de la terre ferme et on est retenu que par un gros élastique attaché aux pieds. Vous décrire la sensation au moment de sauter est impossible. Cela m’amène à notre voyage. Le décrire serait inexact et superflu. C’est comme sauter dans le vide ; faut l’essayer pour comprendre.

J’avais perdu le goût d’écrire. J’avais l’impression que tout ce que j’avais à dire avait été raconté des centaines de fois (faut voir les groupes de touristes débarquer sur les plages). Ce dernier article a été rendu possible grâce à  La frousse autour du monde tome 2 de Bruno Blanchet qui m’a rappelé la singularité de chaque voyage. Je pourrais difficilement comparer nos aventures à celle d’un couple singapourien venu à la hâte prendre quelques clichés clichés et à celui de Daniel, anglais ayant laissé femme, travail, maison et fond de pension pour faire le tour du monde à  vélo.

J’espère vous avoir transmis un peu du plaisir que nous avons eu à voyager. Je serai de retour parmi vous dans quelques jours et c’est avec joie que je vous retrouverai.

Au plaisir,

Laurent Chagnon

P.-S. Continuez à visiter duppdcv.com pour voir les photos magnifiques de mon photographe préféré et référez-vous au site www.lesfillesdu639.wordress.com afin de suivre ses aventures.

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Coeur de Serpent

Plus on rencontre de Lonely Planeteux, plus on réalise que nos destinations se ressemblent et ainsi vont les blogues. Au Vietnam, par exemple, la baie d’Halong est l’équivalent des chutes du Niagara. Tout touriste qui se respecte, doit passer par là, à la différence qu’on en revient pleinement satisfait.
C’est donc avec un sentiment de déjà vu que j’amorce l’écriture de cet article. La baie d’Halong est le théâtre quotidien d’aventures incroyables toutes plus semblables les unes que les autres. Voici quand même à quoi ressemblera votre séjour si vous avez la chance d’y aller un jour.
Au bout de quatre heures d’autobus, on vous débarque dans une fourmilière grouillante de sombreros ivres.  On vous transfère ensuite dans un bateau-hôtel très sympathique. Durant le dîner, tranquillement, le bateau vogue entre les milliers d’îles. La vue est spectaculaire. Elle le serait davantage si l’eau n’était pas polluée par les cartons de cigarettes et autres styromousses.
Au coucher du soleil, on vous proposera une virée en kayak et à ce moment, vous ne voudriez pas être à aucun autre endroit au monde. La vue est à couper le souffle ! Bon je dois vous avouer ici que dans ma vie entière, jamais ma respiration n’a souffert d’une vue spectaculaire, mais n’empêche, c’était un très beau moment.
Le lendemain, vous déménagerez sur une petite plage, au milieu des rochers. Ainsi isolés, la dizaine d’insulaires s’adonnent au wakeboard, à la lecture et même à l’escalade, si le cœur vous en dit. Ce sont, sincèrement, de grands moments. Cela dit, si j’ai un conseil à vous donner, ne vous amenez pas un livre captivant, car vous allez manquer une partie du spectacle. Pour ceux qui se posent la question, c’était La fille de la photo de Denise Chong. Il s’agit en fait de la biographie de la petite fille brûlée par le napalm durant la guerre du Vietnam, dont la photo à fait le tour de la planète. Au travers de son histoire, on comprend un peu mieux ce pays qui nous a si bien accueillis.
Un autre incontournable, semble t’il, c’est le Snake Village où on vous présente votre repas bien vivant. On laisse ensuite le soin à quelques téméraires de transformer l’animal en nourriture. Un homme s’occupe de la bête en détresse, tandis que vous, couteau à la main, lui ouvrez les entrailles et arrachez son cœur. Battant toujours, vous le sentirez descendre dans votre œsophage jusqu’à ce qu’il atteigne vos sucs gastriques. Pendant que vous dégustez la chose, le même homme s’occupe de vider le sang et la bile dans deux contenants de vodka.
L’heure du souper arrivant, vous porterez un toast avec vos semblables, à la chance que vous avez d’assister à un événement aussi dépaysant, avant d’ingurgiter le shooter de bile-vodka, pour ensuite vous dire que vous n’êtes, après tout, pas si chanceux que ça…
La bouffe est sans surprise. Du serpent mur à mur, avec quelques craquelins que tout le monde s’arrache. Pour vous décrire le plus fidèlement possible le goût du serpent, imaginez un morceau de boyau à jardin à saveur de poulet. Heureusement, vous avez toujours un peu de bile-vodka pour faire passer.
Savoureux !
Voilà, notre voyage à deux vient de prendre fin. Dorénavant, nous serons six : deux gars et quatre filles. Si jamais vous êtes en manque d’aventures, sachez que nos amies écrivent également à : www.lesfillesdu639.wordpress.com et www.veroenasiedusudest.blogspot.com.
Je serai de retour parmi vous le 15 mars. D’ici là, portez-vous bien et continuez à nous suivre. Prochaine étape de notre périple : plongée sous-marine dans les îles thaïlandaises !
À bientôt,
Laurent

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Party de bureau

Voilà maintenant plus de deux semaines que je ne vous ai pas donné de nouvelles. Certains diront pas de nouvelle, bonne nouvelle. Dans ce cas-ci, c’est tout à fait vrai !

Hoi an est une ville environ à mi-chemin entre Ho Chi Minh Ville et Hanoi. Épargnée par la guerre, elle est toutefois régulièrement victime d’inondations, ce qui fait son charme. Les murs extérieurs en ciment peint aux couleurs vives sont usés par la crue des eaux et laissent aux plantes grimpantes une surface idéale. Les rues sont étroites et en soirée, tout véhicule motorisé y est strictement défendu.  Cela fait contraste avec toutes les autres villes où le trafic ne semble jamais avoir de fin.

Toutefois, ce n’est pas le décor pittoresque, ni les terrasses bon marché, ni la plage aux cocotiers qui attirent les gens à Hoi An. C’est plutôt son industrie du vêtement. Pour chaque dépanneur, il y a trois couturiers. On y trouve tout ce qu’on veut, à la moitié du prix et fait sur mesure ! Vous cherchez une paire de souliers Nike, pas de problème ! Ce ne sera pas des originaux, évidemment, mais ils seront moulés à votre pied.

Après deux mois et demi de voyage, les quatre t-shirts et les deux paires de shorts que vous aviez au départ n’ont plus le même look et vous inspirent autant qu’un bac de vaisselle sale. C’était donc le moment idéal pour refaire sa garde-robe, où plutôt son sac à dos.

Pour dix dollars, vous avez une chemise dans le tissu que vous voulez, sur mesure, toujours. Donc vous dites oui. Pour le même prix, une paire de shorts. C’est encore une aubaine. Oui. Pour vingt-cinq dollars, un veston coupé comme vous voulez. Oui encore. Pour trente-cinq dollars, un manteau en feutre. On ne peut quand même pas dire non ! Résultat, une facture salée et plus de vêtements que notre sac peut contenir.

J’ai aussi décidé de me faire faire un complet. Pour cent quarante dollars, cela inclut le veston, le pantalon et la chemise. Et c’est fait avec un soin surprenant. On prend d’abord vos mensurations. Le lendemain matin, vous devez vous représenter pour un premier ajustement afin de déterminer où iront les boutons, voir les défauts, ajuster ceci et agrandir cela. Deux heures plus tard, c’est l’heure du deuxième ajustement, où on s’assure que le tout soit parfait. Au besoin, il peut y avoir un troisième essayage, en fin d’après-midi.

Ce soir, là, exceptionnellement, l’ensemble des magasins de la chaîne fermait à dix-sept heures, car c’était leur party de bureau annuel. Mon dernier ajustement était prévu pour dix-sept heures moins vingt. Je devais simplement prendre possession du costume et payer. C’était avant que la vendeuse découvre un minuscule défaut du tissu au milieu du dos. Si j’avais eu le temps, je serais revenu le lendemain, mais puisque notre autobus quittait en matinée, il fallait faire vite. C’est donc trois personnes, la vendeuse, le coursier (aussi appelé commissionnaire par certains) et le tailleur qui sont restés afin de me rendre mon dû à temps. À dix-huit heures trente, on sortait enfin de la boutique.

— On est désolé de vous avoir fait manquer le début de du party.

-Ça ne fait rien. Si vous voulez, vous pouvez nous y accompagner.

-Euh, d’accord, pourquoi pas !

C’est ainsi qu’on s’est retrouvé dans notre premier party de bureau vietnamien. Le tout se déroulait dans ce qu’on pourrait décrire comme un gymnase avec une scène au bout. Selon nos estimations, il devait y avoir au moins quatre cent cinquante Vietnamiens et deux étrangers. On aurait dit deux smarties dans une boîte de glosettes. L’étonnement a très rapidement laissé sa place à l’enthousiasme et les bières arrivaient à nous de tous les côtés. Cette soirée-là, on voyait l’effet bénéfique de remercier ses employés. La foule était en liesse et acclamait le patron lorsque celui-ci se présentait sur scène pour chanter (ou plutôt hurler) un succès local. La bière coulait à flot et la nourriture était abondante. Téméraire, j’ai même mangé la tête du poulet dont personne ne voulait. Je comprends maintenant pourquoi.

On trouvait très agréable de manger aux côtés de la vendeuse, du couturier et du coursier, mais nous avions un autre souper prévu pour vingt heures avec Léo, français d’origine et installé depuis quelques années au Vietnam. Son bar n’étant pas encore prêt pour l’ouverture, il a profité de mon séjour prolongé à Nha Trang pour réquisitionner les services de Carl. Pour le remercier, il nous avait invités à souper ce soir là. C’est à cet homme qu’appartient maintenant Black Velvet. Carl lui a cédé moyennant cinq millions de dongs et la promesse d’en prendre le plus grand soin.

Et c’est en autobus que nous nous sommes dirigés vers Hanoi.

Je me fais un devoir d’être plus assidu pour les prochaines semaines. Au programme, wakeboard dans la baie d’Halong.

Santé !

Laurent

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Karaoké

Ça fait maintenant onze jours que je suis handicapé dans un pays où les éclopés se comptent par milliers. Trente-cinq ans après la guerre, on voit encore quotidiennement des victimes de l’agent orange, des armes et des mines. On aurait tendance à croire que les Vietnamiens soient devenus indifférents ou insensibles. Je le serais probablement. Il n’en est rien !

Je suis arrivé à Dalat dans un camion qui servait à la fois d’ambulance et de remorqueuse. À l’hôtel, on s’est empressé de m’aider à descendre, à amener mes bagages à la chambre et remettre ma moto en état.  On nous a même offert la meilleure chambre au prix de la moins chère afin de m’éviter d’avoir à monter trop de marches. Lorsque j’ai quitté l’hôtel pour séjourner à l’hôpital à temps plein, les gens de l’hôtel m’ont demandé de revenir leur donner des nouvelles. Chose que j’ai faite, évidemment.

Et les histoires semblables sont nombreuses. Nous allons manger au même restaurant tous les jours. Et tous les jours on prend de mes nouvelles. Le chansonnier connaît nos noms et la gérante m’a donné son numéro de téléphone : ‘’ si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi’’.

À l’hôpital, une femme me faisait la conversation en attendant son mari très malade. Lorsqu’elle a su que je n’aimais pas manger de la soupe au déjeuner, elle est allée me chercher des œufs à la cafétéria et m’a donné un pain aux raisins complet et de la confiture de fraise maison.

Quand je marche dans la rue, les gens s’arrêtent et me demandent ce qui m’est arrivé, sans jamais être amusé. Je sens toujours un immense respect et leurs vœux de prompt rétablissement semblent toujours honnêtes.

Mais ma perle revient au propriétaire du billard en face de l’hôtel qui se donne un mal de fou durant la journée pour nous trouver le seul antidouleur qui fasse effet apparemment au Vietnam. Et ce n’est pas pour faire de l’argent, car il a toujours refusé qu’on le paye. Sa quête est compliquée, car ses contacts dépassent rarement trois semaines dans le métier, après quoi ils se font prendre.

C’est agréable de s’éterniser dans une ville. Le gars du dépanneur sait qu’on veut deux Sting rouges, le serveur du restaurant sait que je préfère la soupe au brocoli et Carl le potage aux légumes de Dalat. On se sent un peu chez soi.

On a rencontré deux Anglais et une Suissesse avec qui nous sommes allés dans un karaoké. Voir les Vietnamiens chanter la chanson communiste en chœur avec les mouvements presque hitlériens valait le détour. Après avoir entonnés Morning has Broken de Cat Stevens et Frère Jacques de… ben de notre jeunesse, nous en avions assez alors nous sommes rentrés. Une demi-heure dans un tel endroit vous assure un mal de tête épique. Les Vietnamiens n’ont aucune notion de ce qu’est la pollution sonore. Et les exemples sont nombreux. Il y a d’abord le klaxon qui est utilisé pour tout et pour rien, et ce, à toute heure. Il y a ensuite la propagande qui prend la forme d’un camion avec des haut-parleurs sur le toit. Il y a aussi les vendeurs ambulants qui signalent leur présence avec un machin qui fait pouet pouet. Il y a les hommes qui se raclent la gorge et qui crachent. Il y a les motos deux-temps. Il y a les gens qui changent leur sonnerie de cellulaire en permanence et il y a le karaoké ou le principe est de chanter le plus fort possible et de coller les deux micros le plus proche possible afin d’avoir une distorsion qui vous égratigne les tympans.

Et revoilà justement la vendeuse de carton avec son pouet pouet. Non, ils ne m’intéressent toujours pas vos cartons.

J’ai vendu ma moto aujourd’hui. Au total, l’aventure à deux roues m’aura coûtée cinq cents dollars, quarante piqûres, trente pilules, trois jours d’hôpital, deux livres de peau et une canne, mais vous savez quoi ? Je referais exactement la même chose. Sauf. Enfin…

Il y a une chose que ce voyage m’a fait découvrir. L’amitié avec un grand A. Celle qui se fou des accidents et du temps perdu. Celle qui rend tout amusant et agréable. Celle, qui vous rend fier et qui me sert la gorge en écrivant ses lignes.

Tu m’as été indispensable. Merci  mille fois.

Au plaisir !

Laurent

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TOMBER en amour

(Suite de Coup de Foudre)

La descente a été courte. En fait, je crois que j’ai dû prendre une gauche, puis une droite, puis un fossé. Je ne sais pas exactement ce qui m’a fait manquer la courbe. Un manque d’expérience certainement, mais aussi un peu de malchance. La courbe tournait à gauche, j’étais donc à l’extérieur, mais une voiture qui venait en sens inverse a pris la courbe un peu large. Quand j’ai voulu réagir en m’inclinant davantage et en tournant le guidon, la moto est tombée et a glissé dans le fossé. Moi, j’ai dû polir l’asphalte.

Je m’en tire bien. Je n’ai rien de brisé et ma tête n’a jamais touché le sol. Bien sûr, mon côté gauche à l’air d’un T-bone à bien des endroits et je marche comme un petit vieux avec sa canne, mais d’ici quelques jours, tout devrait être revenu dans l’ordre.

Pour plus de photos : cliquez ici!

Je continue donc ma visite des hôpitaux asiatiques. Profitons-en donc pour faire un petit match comparatif.

D’abord, j’avais dit de l’hôpital du Cambodge qu’il était désert. C’était avant de voir celui du Vietnam. Je suis arrivé à l’urgence à 23 h 30 et les trois infirmières dormaient profondément sur les lits, tous vides. Un peu plus et j’allais m’excuser d’arriver à une heure si tardive. En remplissant les papiers, elles se frottaient les yeux et baillaient aux corneilles. C’est donc sans surprise que ma première piqûre ait été un échec. La deuxième, l’infirmière pouvait difficilement la rater; une fesse c’est une belle grande cible.

Ma chambre est située dans une aile déserte. Et comme j’arrivais seul, je me sentais un peu triste, surtout que c’était la veille de mon anniversaire. Alors que je surfais sur internet sur l’ordinateur de la réception (le réceptionniste dormant lui aussi), un bruit est venu briser le silence de mort. C’était la moto à Carl! Il ne pouvait quand même pas me laisser seul avec ma canne à l’hôpital pour ma fête ! J’étais tellement content de le voir. J’avais l’impression que mon calvaire venait de prendre fin, même si c’était la première nuit d’une série de cinq…

Pour revenir à la comparaison, l’hôpital sert aussi d’hôtel de luxe. Fait sur le long, il est en partie caché dans la forêt. L’entrée de l’urgence est un majestueux hall de marbre. Il y a des endroits pires pour être en convalescence.

Pour l’architecture, le Vietnam remporte donc haut la main. Cela dit, au Cambodge, les employés parlaient anglais. Ici, c’est que du Viet. Ça devient un peu frustrant. J’arrive donc difficilement à avoir ce que je veux. Au lieu du jus d’orange ce matin, j’ai eu droit à un ‘’vietnamese coffee’’, un truc pas buvable et une soupe aux nouilles au lieu d’une omelette. Ce n’était pas exactement ce que je voulais, mais bon, ils se reprendront au diner je présume.

J’ai de la lecture en masse, des films à profusion et une connexion internet qui fonctionne de temps en temps. Mais surtout, j’ai des documents à remplir. Avez-vous déjà eu un accident de la route ? La SAAQ vous demande un paquet de trucs, utiles ou non, qui sont déjà compliqués à remplir quand l’accident est survenu au Québec. J’ai eu un accident au Vietnam! Non seulement je ne connais pas le nom du médecin, mais en plus, je ne sais même pas lequel c’était dans la pièce! Et puis je dois lui demander de remplir un formulaire en français. Pas évident quand on sait que j’ai eu un café au lieu d’un jus d’orange.

Je préférais quand j’ai attrapé le parasite. La compagnie d’assurance m’a simplement demandé comment j’allais. Avec la SAAQ je dois leur écrire mon nom dix-huit fois, mon numéro d’assurance maladie au moins quatorze fois, donner le nom et le numéro de téléphone de l’employeur des cinq derniers emplois que j’ai occupés, un rapport détaillé des bobos et des traitements, des factures originales et patati et patata. Juste à imprimer le document, j’avais l’après-midi de passé. Pratique quand on n’a rien à faire dans un hôpital. J’imagine que les quatre prochains jours serviront à trouver un médecin et lui mimer toutes les cases qu’il doit remplir.

Ne  vous faites pas de soucis, je serai rapidement sur pieds et mon moral est bon. J’ai très hâte de reprendre où j’ai laissé, quelque part sur la plus belle route du monde!

Pour plus de photos : cliquez ici!

Je vous aime.

Laurent

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Coup de foudre

Nous avons quitté Ho Chi Minh Ville le premier janvier en direction de Vung Tau.  La route était longue et le paysage était tout sauf intéressant.  Cette fois, le mauvais sort semblait vouloir s’en prendre à Carl. À mi-parcours, le pneu arrière de sa moto se dégonfle. Par un hasard un peu suspect, le temps de réaliser et de s’immobiliser, il était devant un garage qui a vite trouvé la coupable: une vis à tôle.

Après avoir payé trois fois le prix pour la réparation, nous sommes repartis. Ce n’est qu’à Vung Tau que la moto de Carl s’est immobilisée une deuxième fois. Cette fois-ci, c’était la panne sèche. Fier d’être pour une fois épargné, je l’ai nargué environ douze secondes. Ayant roulé de nuit, j’avais épuisé la batterie et visiblement, l’alternateur de ma moto avait rendu l’âme.

On a donc dormi à l’hôtel le plus dispendieux de notre voyage, incapables d’aller plus loin.

Nous sommes arrivés à Nha Trang deux jours plus tard. On y avait rendez-vous avec Luc, notre ami québécois.

La route entre les deux villes était belle. Nous avons passé à travers les rizières, les cultures de fruits du dragon, le désert, la mer et les montagnes.

Mais rien ne pouvait nous préparer à ce qui suivait. Nous sommes partis de Nha Trang à 8h le matin avec Luc et son guide en direction de Dalat, une ville montagnarde épargnée par la guerre. La route est toute nouvelle et n’est accessible qu’aux motos et quelques rares voitures.

Alors que je suivais le convoi à quelques dizaines de mètres, ma moto étant incapable de suivre le rythme, j’ai eu le sentiment d’avoir trouvé ma passion. La route n’était pas une route, c’était un lacet qui se perdait dans les montagnes et la vue était de plus en plus spectaculaire à mesure qu’on s’approchait du sommet, à quelques 1500 mètres au dessus du niveau de la mer.

Il y a des gens qui veulent jouer sur les plus beaux terrains de golf ou skier sur les plus belles montagnes. Dorénavant, je veux conduire sur les plus belles routes du monde.

À un certain point, j’écoutais Enya et je me suis littéralement mis à pleurer. J’étais l’homme le plus heureux du monde. Et visiblement Carl était le deuxième. Je me disais que tout venait de prendre un sens. Que l’idée de partir en voyage de laisser l’école de côté pendant une année, d’avoir fait plusieurs sacrifices pour partir. D’être passé par l’hôpital et des chambres d’hôtels misérables, d’avoir passé le temps des fêtes loin de ma famille, tout ça était pleinement justifié. J’avais trouvé ce qui allait me faire rêver pour toujours. Et en y pensant, un frisson me parcourait. C’est ça, le coup de foudre!

Au sommet, nous nous sommes arrêtés à l’entrée d’un village. Vivant à l’écart, les gens ont utilisé les pins de la forêt pour construire leurs maisons et l’odeur que dégage le village aidait à rendre le paysage encore plus grandiose. Ça sentait le sapin de Noël!

La route était encore longue avant d’arriver à Dalat alors nous avons rapidement rembarqué sur nos motos . La descente a été courte.

Arrivé à Dalat, nous avons célébré cette journée inoubliable avec le meilleur repas que nous avions mangé depuis le début de notre voyage. La lasagne était tout simplement succulente et le potage au brocoli me ramenait tout droit à la maison! Bien sûr, j’avais de la misère à manger avec la main droite, mais je vais m’y habituer.

On est à Dalat pour encore quelques jours. C’est une ville magnifique. L’influence française se fait sentir dans l’architecture beaucoup plus recherchée qu’ailleurs au Vietnam.

On est heureux.

Laurent

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Saveur Citron

J’ai hâte d’écrire un article sans avoir à vous donner des nouvelles d’A-P. On me l’a vendue comme un ”strong bike”. On a omis de dire que Grand Antonio avait un cancer généralisé…

Nous devions quitter Ho Chi Minh City le 29 décembre. C’était avant que j’aille chercher Sa Majesté dans son royaume. J’avais perdu mon ticket de parking et je me doutais que ça allait me causer des ennuis. J’ai donc caché mes millions dans mes culottes et gardé ce que je jugeais suffisant pour sortir sans emmerde. Ce matin là, il y avait trois employés: un gars, deux filles.

Ça m’a pris au moins cinq minutes mimer la perte du papier. Quand elles ont enfin compris, l’une des employée s’est emparée de mon porte-feuille pour le fouiller de fond en comble, trois fois. Elle a dû se rendre à l’évidence, le papier n’était vraiment plus là.

Elle me demande d’abord mon passeport, puis les papiers de la moto. Et là je vois les problèmes arriver. Je n’ai pas le droit d’avoir une moto à mon nom. Elle est donc immatriculée au nom d’un certain Van Khe Nguyen.

Je me voyais déjà au poste de police, menottes aux poignets,  accusé d’avoir tenté de voler ma propre moto.

Elle m’a plutôt demandé une photocopie des deux papiers. Je lui ai offert 50 000 dongs. Le gardien a accepté, mais la gardienne n’a pas bronché. J’aurais bien monté les enchères à 100 000, mais ça voulait dire que je devais aller à la pêche au billet dans mes boxers en espérant tomber sur un 50 000, pas un 500 000… Ma corruption ne va pas si loin. J’ai donc fourni la copie.

Ça me donnait un sursis, à tout le moins. J’allais certainement croupir sous les barreaux, mais pas avant que la photocopie se soit rendue à un méchant Vietnamien portant des verres fumés assis au fond d’un chic restaurant avec des gardes armés tout autour, occupés à empiler des sacs de cocaïne.

J’attends toujours.

Quand je suis revenu avec la photocopie, j’étais stressé et donc hors de moi. Je voulais sortir de là. Quand on m’a laissé partir, Agace Pissette s’étant bien moquée en voyant tous les efforts que je faisais pour elle a décidée de me faire une dernière scène en refusant obstinément de monter la côte du garage.

En la poussant comme un con, rouge de colère et ruisselant de sueur, j’entendais derrière moi les moqueries des gardiens.  Bien qu’elles étaient en vietnamien, j’avais l’impression de comprendre chacune de leurs paroles. Et Carl riait!

C’est toujours les mésaventures qui sont intéressantes à raconter. Mais là, j’ai vraiment hâte de raconter celles des autres!

On souhaite à nos 5000 lecteurs ainsi qu’à leurs proches une bonne et heureuse année!

Prenez soin de vous.

Laurent

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On the Road Again!

”On the road again

Like a band of gypsies we go down the highway

We’re the best of friends

Insisting the world keep turning our way and our way”

On a quitté l’île de Phu Quoc le 23 décembre au matin à bord du SuperDong 1. On se demande ce que veut dire dong en vietnamien, mais mon hypothèse est que traduit en français, le bateau s’appellerait le SuperVomis 1.

Combinez une cabine exiguë, des sièges de sardines, l’impossibilité totale de sortir prendre l’air et une mer très agitée; brassez-y quelques centaines de personnes durant deux heures et demie et vous avez trouvé la recette parfaite. L’ovni à la Ronde n’a qu’à bien se tenir!

Heureusement, nous, on avait des gravol. J’ai pensé en distribuer à nos voisins, mais ça a combien de voisins une sardine?

En revenant sur le continent, à Rach Giá, il fallait remettre Agace Pissette en état de rouler. Je n’ai pas retenu tout ce qui faisait défaut, mais après avoir défait le moteur au complet, la pile de pièces à jeter était aussi grosse que la pile de pièces récupérables. Et je fais bien attention de choisir le mot récupérable.

Six heures à attendre, assis sur des chaises de nains de jardin et 50$ dollars plus tard, nous avons repris la route.

Nous avons avalé 250km de routes parfois magnifiques, mais très souvent moches, à esquiver des motos roulant en sens inverse ou des travaux routiers qui n’ont pour seul avertissement un homme en sandales faisant aller ses bras comme un désespéré. Je le serais à moins, remarquez.

Il y a aussi les camions qui nous klaxonnent à quelques centimètres des oreilles, si fort que je passe proche de tomber de ma moto en faisant le saut. Je pense qu’un moine en viendrait à sacrer…

Et nous voilà à Saigon, juste à temps pour le souper de Noël. Nous sommes retournés au même hôtel et avons mangé la même pizza que nous avions trouvé délicieuse deux semaines auparavant.

Et par un heureux hasard, nous avons croisé deux amis français que nous avions rencontrés à Phu Quoc. Il n’y a certainement rien de plus agréable que de rencontrer des visages familiers dans une ville qui n’est pas du tout la nôtre.

Je réalise que nous avons passé sous silence les douze jours que nous avons passés à Phu Quoc. Située à l’extrême sud du Vietnam, cette île est la plus grande d’un petit archipel. La pêche et la culture de poivre sont ses activités économiques principales, mais tout ça va bientôt être largement dépassé par le tourisme. Les petits chemins de terre sont en voie de devenir de grands boulevards de bitume et les champs ayant vue sur la mer sont remplacés par des hôtels et des casinos. La transformation a commencé il y a cinq ans et ils sont à mi-chemin des travaux.

Notre ami John, un vietnamien né sur l’île, a senti la manne et a ouvert il y a quelques années une compagnie qui offre différentes activités de pêche et de plongée. Fort de son succès, il a investi ses bénéfices dans un bar qui ne marche pas très fort. Il nous a donc demandé, la veille de notre départ, si nous voulions bien l’aider à attirer les touristes qui se font toaster sur le sable.

C’était le genre de défi que Carl recherchait. Fort de ses études en photographie, il a créé avec Photoshop une pub que nous allions distribuer sur la plage. ”Présentez-vous avec le papier et nous offrons un shooter à vous et tous vos invités”. Nous avons dû retrouver une vingtaine d’annonces en deux soirs. Ce n’était pas le party dont nous rêvions, mais c’était déjà une amélioration. Les deux jours suivants, on espérait que le bouche à oreille fasse le travail à notre place, mais sans grand succès.

Au final, Carl aura créé une affiche de deux mètres par trois mètres et une publicité que nous avons distribué à quelques 300 personnes. Mais nous aurons surtout créé un précédent. John va certainement retenter l’expérience avec d’autres touristes.

Nous avions planifié de rester à Saigon une journée, mais puisque le bureau qui s’occupe des immatriculations est fermé la fin de semaine, nous devons attendre au 29 décembre pour reprendre la route. Peut-être que d’ici là j’aurai le temps de me dénicher un nouveau moteur, car les deux jours de route ont eu raison de ma moto, encore une fois.

Puisque ma moto est une pâle copie de Honda, je vais tenter de faire poser un de leurs moteurs, quitte à payer une centaine de dollars de plus. Au moins, je n’aurai pas à passer une journée sur deux dans un garage.

Fier de ton achat mon Laurent? On s’en reparlera à Hanoï…

Profitez bien de vos vacances!

Laurent

Photo de notre balade au Sud! Cliquer ici!

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Joyeux Noël Vietnam!

Un petit mot pour vous souhaiter de joyeuses fêtes! Continuez à nous écrire par courriel, facebook est barré ici.

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La (trop) Belle Histoire?

En réaction à mon texte de la veille, on s’est fait dire qu’il était fréquent à Siem Reap d’entendre cet heureux scénario. Les chauffeurs se font donc offrir des cadeaux qu’ils possèdent déjà. Évidemment, sans jamais demander quoi que ce soit, ils sous-entendent qu’avec permis de guide, tout irait beaucoup mieux. Puis, une fois que l’hameçon est bien accroché, on se renseigne subtilement à savoir comment on peut aller chercher la carte nous-mêmes afin de la lui offrir. La réponse est vague et ça semble compliqué. Ça prend des photos, des pièces d’identité, et cætera.

Alors on lui offre cinquante beaux dollars américains dans une enveloppe en se disant que l’homme avec qui on a passé les deux dernières journées ne peut qu’être honnête. Après tout, il a été moine durant quatre ans. À moins que ce soit dans le scénario ça aussi ?

Pendant deux semaines on se disait qu’on avait fait quelque chose de bien, qu’on avait rendu une famille heureuse, et puis tout d’un coup, on découvre qu’on s’est fait prendre dans un des nombreux pièges qui se présentent aux touristes. Puis on s’en veut. Pourquoi on ne l’a pas vu. Les indices étaient pourtant là…

Puis on s’en fou ! Être en voyage c’est être constamment balancé entre la naïveté et la méfiance, la spontanéité et la planification, la joie et la peine. Et on doit toujours pencher d’un côté ou de l’autre.

Quand on arrive dans un village et qu’une vingtaine d’enfants arrivent en courant, il faut choisir. On peut faire comme si on ne voyait rien, comme on peut s’arrêter et jouer un peu avec eux. On sait bien qu’ils sont affamés, qu’il leur faudrait de la nourriture. Mais le visage d’un enfant qui reçoit une friandise n’est pas le même que lorsqu’il reçoit une pomme. Bien sûr qu’il faut être responsable, mais on peut aussi simplement être un être humain touché droit au cœur. Et ne peut pas porter le poids du monde sur nos épaules.

Et je reviens à la belle histoire d’hier. On aurait pu facilement verser dans la méfiance et passer la journée à comprendre l’arnaque. Qui veut voyager de cette façon? Le résultat c’est d’avoir la satisfaction d’avoir vu juste. Mais au détriment de quoi? On n’a rien vu d’autre.

Le Lonely Planet est rempli de conseils utiles. Il recense tous les pièges à touristes. Et selon moi, c’est lui le pire piège. Bien sûr qu’on le traîne avec nous. Il doit se trouver quelque part dans le fond du sac à Carl ou du mien. Les cartes qu’on y retrouve sont parfois bien utiles, mais pour le reste, on fait à notre façon. Au risque de donner cinquante dollars à la mauvaise personne.

Le meilleur truc pour ne jamais se faire piéger, c’est de ne jamais entrer dans l’avion. Le voyage c’est la liberté. Et la liberté c’est aussi de dormir tranquille en pensant qu’on a fait ce qu’on jugeait bon de faire.

Rith nous a peut-être montés en bateau, mais peut-être aussi qu’il était honnête. Bien que les deux options soient envisageables, on préfère de loin la deuxième option, au risque de paraître naïf. Mais ça aussi on s’en fou!

Nous retournerons à nos aventures dès le prochain texte.

La vie est belle!
Laurent et Carl

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